Speed riding : définition et guide complet

Par Xavier

L’article en bref

L’article en bref : Le speed riding marie ski et mini-voile pour dévaler les pentes à plus de 100 km/h en rasant la neige.

  • Sport français né en 2004 à Valfréjus, combinant glisse et envol sur des voiles de 7 à 16 m²
  • Accessible aux skieurs de niveau classe 3, sans expérience en parapente requise
  • Initiation entre 3 à 5 jours, à partir de 90 euros ; équipement complet coûte 2000 à 3500 euros
  • Discipline encadrée par la FFVL avec 37 écoles labellisées en France, présentant des risques réels mais maîtrisables
  • Saison jusqu’à fin juin en haute montagne ; principales stations : Chamonix, Les Arcs, Morzine, Tignes, Val d’Isère

Imaginez dévaler une pente vierge à plus de 100 km/h, skis aux pieds et voile au-dessus de la tête, en rasant la neige à quelques centimètres. C’est ça, le speed riding. Pas un fantasme de sportif extrême, une réalité que je découvre chaque hiver dans les Alpes. Je travaille depuis des années dans des établissements de montagne, et je vois chaque saison des voyageurs qui partent skier… et reviennent convertis à cette discipline hors du commun.

Qu’est-ce que le speed riding exactement ?

Le speed riding est un sport de pleine nature né au début des années 2000 en France. Il marie deux univers : la mini-voile, dérivée du parapente, et le ski. L’idée n’est pas de planer haut dans les airs, mais de jouer avec le relief, de coller au terrain, d’alterner glisse et envol. C’est précis, physique, grisant.

La première école de speed riding a vu le jour pendant l’hiver 2004, à Valfréjus, fondée par Frank Coupat. Les pionniers de cette discipline, notamment les frères Antoine et Valéry Montant ainsi que François Bon, ont façonné les bases techniques du sport. Valfréjus reste aujourd’hui la station historique de référence.

La discipline se divise en deux registres distincts. D’un côté, le ski sous voile : on reste proche du sol, on trace des lignes rapides entre les rochers et la poudreuse. De l’autre, les phases acrobatiques, avec des figures impressionnantes comme des tonneaux dignes d’un avion de voltige. Les voiles utilisées ont une surface allant de 7 à 16 m², mais la plupart des pratiquants évoluent entre 8 et 12 m². Plus le rider gagne en expérience, plus il réduit la surface de son aile pour gagner en vitesse et en adhérence à la neige.

Speed riding et speed flying : deux sports différents

La confusion est fréquente, même parmi des skieurs aguerris que je croise à l’hôtel. Le speed flying se pratique sans skis, en décollant à pied avec une mini-voile. Le snowkite, lui, utilise un cerf-volant de traction sur neige. Le speed riding, c’est obligatoirement les deux : skis et voile, ensemble, sur la neige.

Qui gère le speed riding en France ?

Le ministère des Sports confie la gestion de cette discipline à la Fédération française de vol libre (FFVL). Au 1er janvier 2016, le réseau EFVL comptait 37 écoles labellisées sur le territoire français. Ce cadre institutionnel garantit un encadrement sérieux pour les débutants.

Un sport qui attire… et qui comporte des risques réels

Entre octobre 2010 et septembre 2011, sur 2691 pratiquants licenciés auprès de la FFVL, 26 déclarations d’accidents ont été recensées, soit 0,97 % des pratiquants. Six accidents graves (0,22 %) et deux décès (0,074 %) ont aussi été comptabilisés sur cette période. Ces chiffres méritent d’être lus avec lucidité : le speed riding est une activité accidentogène, qui exige sérieux et progression encadrée.

Prérequis, matériel et coût d’une initiation

Avant d’imaginer raser une pente à toute vitesse, il faut un socle solide. Le speed riding est accessible aux skieurs adultes ayant atteint le niveau classe 3 de l’École du ski français. Concrètement : être à l’aise sur piste rouge et noire, gérer sa vitesse, maîtriser le ski en toutes neiges, et ne pas fuir le hors-piste. Pas besoin en revanche d’une expérience en parapente.

Je me souviens d’un client qui séjournait chez nous à Chamonix. Skieur confirmé depuis vingt ans, il hésitait à se lancer. Il est parti cinq jours, il est revenu avec des étoiles dans les yeux et les mollets en feu. C’est souvent ainsi que ça se passe.

Le matériel indispensable

Un stage d’initiation dure généralement entre 3 et 5 jours. Les écoles prêtent voile et harnais pour les débutants. Voici les tarifs pratiqués dans les principales stations :

Station Format Tarif
Morzine Découverte 3h (groupe, 4 pers. max) 90 €
Les Arcs Demi-journée 95 €
Chamonix / Mont Blanc Journée collective 125 €
Valfréjus (école Ataka) Journée découverte 180 €
Valfréjus (école Ataka) Stage 5 jours 500 €

Pour ceux qui souhaitent s’équiper, le coût grimpe vite : comptez entre 2000 et 3500 euros pour une voile neuve et un harnais. En haute montagne, il faut ajouter DVA, pelle, sonde, crampons et piolet. Les fixations de skis sont serrées à plus de 130, ce qui donne une idée des contraintes physiques en jeu.

Comment se déroule un stage d’initiation ?

Tout commence au sol. On apprend à gonfler la voile, à comprendre ses réactions au vent. Ensuite vient la partie avec les skis, sur des pentes douces : premiers décollages, vols rasants, posés en douceur. Les sessions progressent naturellement vers des pentes plus raides et des vols plus longs. Une licence n’est pas obligatoire pour débuter, mais une assurance responsabilité civile reste fortement conseillée.

Où pratiquer le speed riding et quand s’y mettre ?

La France concentre les meilleurs spots. Valfréjus, Les Arcs, Val d’Isère, Tignes, Chamonix, Morzine, La Plagne, Les 2 Alpes, Méribel, La Clusaz, Le Immense Bornand, Les Menuires, Mont Dore, Valloire et Valmeinier figurent parmi les stations incontournables. Hors de France, les Diablerets en Suisse et Courmayeur en Italie offrent aussi de belles options.

La saison s’étend généralement jusqu’à fin juin en haute montagne, sur l’Aiguille du Midi et au Mont Blanc du Tacul. En juillet et août, le survol côté Mont Blanc est interdit pour laisser la priorité aux hélicoptères de secours. Pour rider l’été, direction l’Argentine ou le Chili.

Les conditions météo idéales : beau temps calme, bonne visibilité, vent de face entre 10 et 15 km/h. La championne de France 2010, Cyrilde Pic, chamoniarde de cœur, ou encore Maxence Cavalade, comptent parmi les riders qui ont mis cette discipline sur la carte. Des noms à retenir si vous voulez suivre la progression de ce sport intéressant.

Sources : wiki savoie, wiki des hôtels et batiments

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