L’article en bref
Bonneval-sur-Arc, perché à 1800 mètres, est un village de montagne d’exception méritant le détour en toute saison.
- Un patrimoine préservé : ruelles en pierre, toits de lauzes et traditions ancestrales comme le séchage des grebons
- Des randonnées mythiques : cirque des Évettes, glacier du Méan, refuge du Carro aux paysages polaires uniques en France
- Le col de l’Iseran : 2770 mètres d’altitude, l’un des plus hauts cols routiers de France
- Activités variées : ski alpin et nordique, parapente, via ferrata aux forts de l’Esseillon à proximité
Perché à 1800 mètres d’altitude en Haute-Maurienne, Bonneval-sur-Arc fait partie des Plus Beaux Villages de France, et ce titre n’est pas volé. La première fois que j’y ai posé mes valises, j’ai compris pourquoi les voyageurs y reviennent année après année : les ruelles en pierre, les toits de lauzes, l’air vif… Ce village a une âme que peu d’endroits en montagne conservent encore. Que vous soyez randonneur, amoureux du patrimoine ou simple curieux, que visiter à Bonneval-sur-Arc mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Les essentielles à découvrir à Bonneval-sur-Arc
Le vieux village, jumelé avec Les Baux de Provence, s’étudie à pied sans se presser. Les ruelles étroites serpentent entre des maisons robustes construites pour résister à six à sept mois d’enneigement par an. L’hiver, seuls les toits et le clocher de l’église émergent de la neige. C’est une image que je n’oublierai jamais. L’été, les balcons s’ornent de fleurs et une fromagerie suggère du Beaufort et du Bleu de Bonneval, ce fromage local que l’on retrouve sur les meilleures tables de la région.
Du 1er au 31 août 2026, un compact marché touristique anime le village chaque jour de 9h à 18h, avec des produits régionaux et des artisans locaux. C’est le bon moment pour flâner et acheter quelques souvenirs authentiques. Le musée Espace neige et montagne offre, lui, une belle rétrospective sur les sports d’hiver et les débuts de l’alpinisme dans ce secteur classé Terre d’Alpinisme UNESCO.
L’une des pratiques les plus surprenantes du village ? Le séchage des grebons, ces briquettes de fumier mélangé à de la paille, visibles sur les balcons de bois. Une tradition de chauffage ancestrale qui témoigne de l’ingéniosité des habitants face aux hivers rudes. Bonneval-sur-Arc, c’est un musée à ciel ouvert, et j’insiste là-dessus à chacun de mes séjours.
Le hameau de l’Écot, dernier avant les glaciers
Situé à 4 km du village, à 2000 mètres d’altitude, l’Écot est accessible via le sentier des Agneaux en une heure de marche facile, ou par la route. Ce hameau a servi de décor pour les films Belle et Sébastien de Nicolas Vannier. Les amateurs de la saga reconnaîtront les paysages sauvages et préservés qui ont fait le succès de ces films. Depuis l’Écot, on accède aux randonnées les plus mythiques du secteur.
Le col de l’Iseran, un sommet routier hors du commun
Culminant à 2770 mètres d’altitude, le col de l’Iseran est l’un des plus hauts cols routiers de France. La montée depuis Bonneval représente 14 km et 970 mètres de dénivelé, soit une à deux heures à vélo selon votre forme. L’accès routier reste ouvert de juin à novembre seulement. La vue depuis le sommet, entre Haute Maurienne Vanoise et Tarentaise, est proprement saisissante.
Thibault Anselmet, l’enfant du pays devenu champion
Bonneval-sur-Arc a enfanté un champion olympique de ski-alpinisme : Thibault Anselmet, multiple vainqueur de la Coupe du monde. Sa carrière illustre parfaitement ce que ce territoire produit : des athlètes formés à la rudesse des versants et des glaciers environnants. Croiser son nom en arrivant au village donne une perspective différente sur la montagne ici.
Les plus belles randonnées au départ de Bonneval-sur-Arc
La montagne autour de Bonneval-sur-Arc offre des itinéraires pour tous les niveaux. Voici les quatre que je conseille absolument :
- Le cirque des Évettes : niveau moyen, deux heures de montée depuis l’Écot. Le sentier débouche sur un immense plan alluvial rappelant les grands espaces canadiens, avec au fond le cirque glaciaire et les sommets de l’Albaron.
- Le glacier du Immense Méan : randonnée difficile de quatre heures aller-retour depuis le refuge des Évettes. Le glacier tombe directement dans un lac proglaciaire à 2876 mètres d’altitude, avec de petits icebergs flottant en surface. Un paysage polaire unique en France.
- Le refuge du Carro : le plus haut refuge gardé de Savoie à 2759 mètres. Depuis là, les lacs Blanc et Noir offrent un contraste de couleurs turquoise et sombre absolument spectaculaire.
- La vallée d’Avérole : vallée secrète depuis Bessans, accessible à pied ou par navette estivale depuis le parking des Vincendières. Des hameaux de pierre authentiques comme Avérole, dominés par la pointe de Charbonnel.
Le parc national de la Vanoise s’étend littéralement aux portes du village. Bouquetins, paysages préservés, sentiers balisés pour tous les niveaux… Ce parc constitue le cadre naturel de la majorité de ces randonnées. Le col de la Vanoise permet même une liaison vers Pralognan-la-Vanoise pour les plus aventureux.
Les activités hiver comme été sur le domaine de Bonneval
Le domaine skiable fonctionne de décembre à mai, entre 1800 et 3000 mètres d’altitude, accueillant skieurs alpins et nordiques. Une piste existe même sur le champ de Pissaillas à 2764 mètres, exploité par Val d’Isère mais situé sur le territoire de Bonneval, permettant du ski en début d’été. L’hiver, l’Écot se prête également aux raquettes, et Bessans, à 15 minutes en voiture, propose le ski de fond et des activités chiens de traîneau.
L’été, le parapente biplace au-dessus du village offre un vol panoramique face aux glaciers, sans aucune compétence requise. Le GR 5, sentier européen mythique, traverse aussi Bonneval-sur-Arc.
À chercher en moins d’une heure depuis le village
La haute Maurienne recèle des sites remarquables accessibles très rapidement. Le lac du Mont Cenis, aux eaux turquoise entre France et Italie, se rejoint en 35 minutes. Son barrage date des années 1960, mais la route du col, tracée sous Napoléon au XIXe siècle, est déjà spectaculaire en elle-même.
| Site | Distance depuis Bonneval | Point fort |
|---|---|---|
| Lac du Mont Cenis | 35 minutes | Eaux turquoise, passage vers l’Italie |
| Forts de l’Esseillon | Moins d’1 heure | Construits en 1834, via ferrata, accrobranche |
| Suse (Italie) | 1 heure | Ruines romaines, gastronomie italienne |
| Bessans | 15 minutes | Village classé, Espace Ludi’lacs à 1700 m |
Les forts de l’Esseillon, construits en 1834 pour protéger la Maurienne, hébergent aujourd’hui la Redoute Marie-Thérèse, transformée en centre d’interprétation du patrimoine en 2007. Le site abrite extrêmement le plus notable ensemble de via ferrata de France, avec des parcours pour les enfants comme pour les adultes expérimentés. La plus longue tyrolienne du Parcobranche du Diable mesure plus de 600 mètres au-dessus des gorges de l’Arc. Abordable dès 3 ans. Suse, en Italie, se rejoint en une heure par le col du Mont-Cenis : une vraie ville italienne avec des ruines romaines et des focaccias qui sentent bon.
Sources :

Xavier