Télémark : technique de ski et tout savoir

Par Xavier

L’article en bref

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Le télémark est une technique de ski née en Norvège, caractérisée par un talon libre et une position dansée en fente. Inventée par Sondre Norheim en 1868, elle a connu un déclin avant une renaissance américaine dans les années 1970. Aujourd’hui, 2,5 millions de pratiquants mondiaux en jouissent, formant une communauté passionnée et vivante.

  • Une technique originale avec talon libre et position en fente, différente du ski alpin
  • Un équipement spécifique : chaussures souples, fixations à câble ou plaque, bâtons courts
  • Une renaissance depuis les années 1970 grâce aux États-Unis et aux amateurs de neige vierge
  • Des stations accueillantes comme Chamonix, Verbier et Whistler-Blackcomb
  • Une communauté compétitive avec championnats mondiaux et rassemblements annuels

Le ski, tout le monde connaît. Mais le télémark, cette technique venue du fond des fjords norvégiens, reste une discipline à part entière, mal connue et souvent mal comprise. Pourtant, 2,5 millions de pratiquants dans le monde s’y adonnent. Je travaille depuis des années dans des hôtels proches des stations de montagne, et chaque hiver, je vois des skieurs revenir de leurs journées sur les pistes avec une lueur particulière dans les yeux. Ceux qui pratiquent le télémark ont ce quelque chose d’indéfinible.

Qu’est-ce que le télémark : origines et définition d’une technique singulière

Le télémark est une technique de ski caractérisée par une chose fondamentale : le talon libre, non fixé au ski. Contrairement au ski alpin classique, où le pied est totalement solidaire de la planche, le télémarkeur glisse avec une liberté de mouvement qui change tout. Chaque virage s’accompagne d’un fléchissement de la jambe intérieure, dans une position dite « en fente », qui donne à la descente un rythme presque dansé.

Le nom vient d’une région norvégienne. Telemark se situe à 250 km au sud-ouest d’Oslo. C’est là, dans le hameau de Morgedal, que naquit le 10 juin 1825 un certain Sondre Norheim. Menuisier de métier, passionné de glisse, il révolutionna le ski de l’époque. Le 8 février 1868, il domina le concours d’Iverslokken avec des innovations étonnantes : des fixations en lanières de cuir, une taille de guêpe sur ses skis pour faciliter les virages, et surtout une maîtrise technique inédite. Les skis mesuraient alors près de 3 mètres. Il les raccourcit, les façonna, et inventa ce que nous appelons aujourd’hui le télémark.

Cette discipline ne relève ni du ski nordique ni du ski alpin, bien qu’elle partage le talon libre avec le premier. C’est une famille à part entière, héritière directe de Sondre Norheim.

Un déclin puis une renaissance portée par l’Amérique

Au XXe siècle, les techniques avec talon fixé, dérivées du christiania (technique nommée d’après Oslo, alors appelée Christiania), prirent le dessus pour des raisons de vitesse et de performance. Le télémark disparut presque totalement des pistes alpines. Presque seulement. Dans les pays nordiques, il ne mourut jamais vraiment.

La renaissance vint du Colorado, dans les années 1970. Des skieurs américains, formés par des moniteurs ayant étudié en Norvège, redécouvrirent le virage télémark dans les Rocheuses. Dès les années 1980, la discipline reprit vie progressivement sur les deux continents. Franck Piccard, Carole Montillet et Hermann Maier, champions de ski alpin, comptent parmi ses adeptes lors de leurs sorties plaisir. Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, en est un inconditionnel. Ce n’est pas anodin.

Des stations qui accueillent la pratique

Certaines stations sont naturellement plus propices au télémark. Chamonix, avec sa forte communauté nordique, figure en tête. À l’international, des spots comme Verbier en Suisse, Sankt-Anton en Autriche ou Whistler-Blackcomb au Canada attirent les télémarkeurs grâce à leurs vastes domaines hors-piste. En Italie, les Dolomites abritent une pratique plus puriste. Pour les stations françaises, je vous invite à consulter ce guide sur les meilleures stations pour skier en Savoie, plusieurs d’entre elles accueillant parfaitement cette discipline.

Le matériel spécifique au ski télémark

Comprendre le télémark passe par comprendre son équipement. C’est là que tout se joue. Les chaussures télémark présentent un bec avant permettant la fixation sur le ski, tout en restant bien plus souples que les chaussures alpines rigides. On est passé de la coque en cuir, encore appréciée pour sa souplesse, au plastique souple. La coque cuir garde ses fidèles, mais pour un usage sportif intense, le plastique offre davantage de sécurité.

Voici les principaux types de fixations disponibles :

  • Fixation à pointe : la plus ancienne, simple et légère
  • Fixation à câble : dominante depuis 1995, disponible en version souple ou rigide avec ressort ou pistons
  • Fixation à plaque : remplace les câbles avec des renforts augmentant la fiabilité
  • Modèle FreePivot : apparu en 2006, permet un débattement équivalent aux fixations de randonnée alpine en montée

Les skis dédiés existent, mais il est possible de monter des fixations télémark sur des skis alpins classiques. Les modèles spécialisés couvrent tous les terrains : piste, hors-piste, poudreuse, carving, twintips. La tendance des années 2000-2005 aux skis fat, aux lignes de côte larges, a beaucoup profité au télémark, discipline naturellement attirée par la neige vierge.

Les bâtons et accessoires complémentaires

Le choix des bâtons mérite attention. Contrairement au ski alpin, le centre de gravité du télémarkeur est plus bas, donc on les choisit en dessous du coude, plus courts que la norme alpine. Certains pratiquants optent pour des bâtons longs, proches de ceux du ski de fond. Et parfois, aucun bâton du tout : c’est possible, notamment pour le télé-surf ou le carving.

Équipement Télémark Ski alpin
Talon Libre Fixé
Chaussures Souples, bec avant Rigides, coque fermée
Fixations À câble ou plaque À double mâchoire
Randonnée possible Oui, nativement Avec système dédié

Apprendre le télémark et rejoindre une communauté vivante

Selon David Magnat, président de la commission télémark de la FIS, 3 à 4% des 2,5 millions de pratiquants évoluent en compétition. Les épreuves comprennent des disciplines variées : l’épreuve Classique (chronométrée sur 2 minutes 30 à 4 minutes), le Classic Sprint, le Parallèle Sprint apparu en 2012, et le Team Parallèle Sprint. Le Géant Télémark, mis de côté en 2011, a été réintroduit en 2018 au calendrier des coupes de France pour attirer les plus jeunes. Les championnats du monde, organisés par la FIS depuis 2005, ont lieu tous les deux ans.

La Norvège et les États-Unis concentrent surtout le plus grand nombre de pratiquants. Mais la Suisse et la Slovénie ont considérablement rogné l’hégémonie norvégienne sur les podiums internationaux. Telemark Skier, magazine américain, reste le seul titre mondial 100% dédié à la discipline.

Pour découvrir le télémark, je recommande vivement de commencer avec un moniteur. La technique demande coordination, réflexes et une bonne condition physique, notamment une vraie puissance dans les jambes. Chaque hiver, lors de mes séjours en station, je croise des skieurs qui tentent le télémark seuls dès la première journée : la chute est garantie. Avec un encadrement adapté, les premières sensations arrivent vite et elles sont inoubliables. Le corps monte et descend au rythme des virages, la neige répond différemment. C’est une autre manière de skier, plus incarnée, plus proche de la montagne.

La Black Shoes, extrêmement le plus grand rassemblement télémark mondial, se tient chaque année à Tignes. Sa 26ème édition avait lieu les 28 et 29 avril 2018. Rejoindre cet événement, c’est rejoindre une tribu passionnée, loin des foules habituelles des grandes pistes.


Sources : wiki savoie | wiki des hôtels et batiments

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