Qu’est-ce que le splitboard : guide complet

Par Xavier

L’article en bref

Le splitboard révolutionne la pratique du snowboard en montagne depuis 1992, combinant ascension et descente en une seule planche divisible.

  • Un concept unique : planche divisible en deux (ou plus) pour skier en montée, réassemblable pour descendre comme un snowboard classique
  • Effort radical : 90% du temps en montée grâce aux peaux de phoque, talon décollable comme en ski de fond
  • Configurations variables : modèles en 2, 3 ou 4 parties selon vos besoins techniques et votre pratique
  • Équipement essentiel : fixations spécialisées, balise DVA, pelle, sonde, et vêtements multicouches pour la sécurité en montagne
  • Apprentissage progressif : maîtriser d’abord le hors-piste en snowboard, puis s’entraîner avec un professionnel avant les premières sorties

Le snowboard de randonnée existe depuis 1992, mais peu de pratiquants connaissent vraiment ce qu’il cache derrière son concept. Je me souviens de ma première sortie en haute montagne avec un groupe d’amis passionnés : l’un d’eux avait sorti une planche découpée en deux, que j’avais d’abord prise pour une curiosité. Ce jour-là, j’ai découvert qu’est-ce que le splitboard signifiait vraiment, et ça m’a fasciné.

Le splitboard : définition et principe de fonctionnement

Un splitboard, c’est un snowboard capable de se diviser en deux parties dans le sens de la longueur. Les deux moitiés deviennent alors de véritables skis pour monter en montagne. Une fois au sommet, quelques minutes suffisent pour les réassembler et redescendre comme sur un snowboard classique. C’est ce double usage qui rend cette planche si particulière.

La répartition d’effort est radicale : 90% du temps en montée, seulement 10% en descente. Le splitboard demande donc un profil de pratiquant proche du randonneur autant que du snowboardeur. On glisse vers le haut grâce aux peaux de phoque collées sous la semelle, qui permettent d’avancer sans reculer, même sur neige inclinée.

Durant la montée, les fixations offrent une position spécifique : le talon peut se décoller, exactement comme en ski de fond, pour un pas naturel et moins fatigant. En descente, on retrouve la position de profil habituelle du snowboard. Cette bascule entre deux modes distincts est le cœur même du concept.

Les configurations disponibles : 2, 3 ou 4 parties

Les splitboards existent en plusieurs configurations. La version en 2 parties reste la plus courante, la plus simple et la plus abordable financièrement. Mais des modèles en 3 et 4 parties existent aussi : ils permettent de skier avec des spatules moins larges en montée, donc plus légères et maniables. L’atelier Phénix a été l’un des pionniers dans la fabrication de ces versions à 3 et 4 parties.

Le choix entre ces configurations dépend de votre pratique. Pour commencer, la version 2 parties répond à 95% des besoins. Pour des ascensions plus techniques ou des pentes raides, les versions multi-parties offrent un vrai avantage en termes d’efficacité et de vitesse à la montée. Notez que le brevet sur la configuration 4 parties est tombé en juillet 2010, faute de paiement, ce qui a largement ouvert le marché à de nouveaux fabricants.

L’histoire d’une invention née du besoin

Les toutes premières planches divisées étaient artisanales : les riders coupaient simplement leur snowboard en deux et bricolaient un assemblage maison. Le problème principal ? L’absence de carres sur l’intérieur des skis rendait la montée glissante et peu sûre. Brett Kobernik et Mark Wariakos, cofondateur de la marque Voile, ont commercialisé le premier kit splitboard en 1994. Dès la saison 1999-2000, Voile lançait les premières fixations basées sur un système d’étrier et de rails, un tournant décisif.

La grande période d’essor se situe entre les années 2010 et 2020, portée par les innovations techniques et une baisse significative des prix. Eric Bobrowicz, concepteur snowboard au sein du groupe Rossignol à Voiron, a déposé de nombreux brevets entre 1995 et 2005 et travaillé avec le snowboarder Jeremy Jones sur des prototypes avancés. La discipline est alors passée du cercle des initiés à un public beaucoup plus large.

Choisir et équiper son splitboard : guide pratique

La taille de la planche suit une logique simple : partez de votre taille en centimètres, retirez entre 15 et 20 cm, et vous obtenez une première estimation. Pour un débutant, on reste sur cette fourchette basse. Un rider intermédiaire ou expert peut ajuster selon ses préférences de glisse. Pensez aussi à corriger de 2 à 3 cm selon votre poids avec tout votre équipement sur le dos.

La largeur de la planche dépend directement de votre pointure. Une planche trop étroite accrochera les orteils ou les talons dans la neige, rendant les virages dangereux. Trop large, elle perdra en réactivité et en précision.

Les fixations : un élément capital

Les fixations pour splitboard ne ressemblent pas aux fixations de snowboard standard. Plus légères, elles intègrent des barres d’escalade pour soulever le talon en montée. Voici les principaux systèmes disponibles :

  1. Système Voile : le plus répandu, simple d’utilisation, avec glissière pour la descente et ergots pour la montée.
  2. Système Plum : fabriqué en France, en aluminium, rigide et léger, mais susceptible de geler par grand froid.
  3. Système américain à mâchoire : fermeture par levier, robuste et utile.
  4. Fixations plastique : plus souples et confortables, mais plus délicates à manœuvrer et légèrement plus lourdes.

L’équipement de sécurité, une priorité absolue

Le hors-piste n’offre aucun filet de sécurité. Les risques d’avalanche sont réels, les secours souvent éloignés. J’insiste toujours sur ce point auprès des débutants que j’accompagne : partir sans balise DVA, pelle et sonde, c’est prendre un risque injustifiable. Un sac à dos de 30 à 40 litres permet d’emporter ce matériel essentiel, plus une poche d’hydratation, des barres énergétiques et un kit de premiers secours.

Équipement Utilité Priorité
Balise DVA + pelle + sonde Sécurité avalanche Indispensable
Peaux de phoque Adhérence en montée Indispensable
Crampons et couteaux Pentes glacées et raides Fortement recommandé
Bâtons télescopiques Équilibre et propulsion Recommandé
Vêtements respirants multicouches Gestion thermique Indispensable

Pour les vêtements, la logique est celle du randonneur : plusieurs couches légères valent mieux qu’un seul manteau épais. La montée génère une transpiration notable. Deux paires de gants, une légère pour monter et une chaude pour descendre, évitent bien des surprises au sommet.

Progresser en splitboard : par où commencer concrètement

Ma recommandation aux débutants est toujours la même : commencez par maîtriser le hors-piste en snowboard avant de passer au splitboard. Ensuite, entraînez-vous à démonter et remonter la planche chez vous, à plat, avant de le faire les mains gelées sur un col exposé.

La première sortie avec un professionnel ou un pratiquant expérimenté n’est pas un luxe. Apprendre à peauter, faire des conversions, cranter un ski ou mordre sa carre sur une pente demande un apprentissage réel. Le splitboard transforme le snowboardeur en véritable montagnard, avec tout ce que cela implique de rigueur et de connaissance du terrain.

La liberté qu’offre cette discipline reste incomparable : accéder à des pentes vierges, loin des remontées mécaniques, avec la planche littéralement sous les pieds. C’est précisément pour ça que des snowboarders du monde entier ont adopté ce format depuis les débuts modestes de 1992.

Sources : wiki savoie, wiki des hôtels et batiments

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Xavier

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