Tartiflette : définition et recette traditionnelle

Par Xavier

L’article en bref

La tartiflette est un monument de la cuisine savoyarde, né dans les années 1980, réunissant pommes de terre, lardons, oignons et Reblochon.

  • Un gratin savoyard authentique créé pour écouler les stocks de Reblochon trop coulants
  • Le Reblochon de Savoie, fromage AOP au lait cru, ingrédient phare et indispensable du plat
  • Préparation simple en 2 heures environ : pommes de terre blanchies, lardons rissolés, cuisson au four à 200°C
  • Accompagnement idéal avec un vin blanc de Savoie (Apremont, Chignin) et une salade verte
  • Nombreuses variantes régionales : morbiflette, munstiflette, ch’tiflette, et versions végétariennes possibles

Gratin fumant, fromage qui coule, pommes de terre dorées… La tartiflette est bien plus qu’un simple plat hivernal. C’est un monument de la cuisine savoyarde, né dans les années 1980, qui réunit petits et grands autour de la table avec une efficacité redoutable. Je l’ai découverte pour la première fois dans un établissement niché au cœur des Alpes, et depuis, elle ne m’a plus jamais quitté. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce plat immanquable.

Qu’est-ce que la tartiflette : origines et définition

Un plat savoyard né dans les années 1980

La tartiflette est un gratin savoyard à base de pommes de terre, de lardons, d’oignons et de Reblochon de Savoie. Son nom dérive du terme savoyard tartifla, qui désigne tout simplement la pomme de terre. Concrètement, ce plat généreux s’est construit sur une base bien plus ancienne : la Péla, une préparation cuite dans une grande poêle à long manche, directement à la cheminée ou dans le four à pain communal.

La tartiflette telle qu’on la connaît aujourd’hui naît dans les années 1980, pour une raison très pragmatique : il fallait écouler les stocks de Reblochon trop coulants et redonner une seconde jeunesse à cette recette ancestrale. Résultat ? Un plat rajeuni, avec un nom accrocheur, qui allait conquérir bien au-delà des frontières alpines. Le chef Michel Roux Junior l’a résumé avec humour — « Avec ce plat, on fait le plein de joie et de calories. »

Quand je séjourne dans un hôtel en Savoie et que je vois la tartiflette à la carte du restaurant, c’est toujours bon signe. Ce plat dit beaucoup du soin apporté à la cuisine locale. Si vous cherchez à vivre cette expérience, je vous recommande de consulter notre sélection d’hôtels restaurants gastronomiques en Savoie pour trouver les meilleures tables de la région.

Le Reblochon, fromage star de la recette

Impossible de parler de la tartiflette sans s’arrêter sur son ingrédient phare. Le Reblochon de Savoie est un fromage au lait cru, certifié Appellation d’Origine Protégée (AOP). Sa naissance remonte au 13ème siècle à Thônes, dans le massif des Aravis, en Haute-Savoie. Sa zone de production couvre aujourd’hui la quasi-totalité de la Haute-Savoie et le Val d’Arly en Savoie.

Son nom vient du savoyard re-blocher, qui signifiait au 16ème siècle « traire une deuxième fois ». Les fermiers effectuaient une première traite pour les abbayes propriétaires des terres, puis une seconde traite nocturne pour leur propre compte — une fraude locale baptisée reblasse. Ce lait de seconde traite est naturellement plus gras, plus crémeux. Il donne au Reblochon son caractère si particulier.

On distingue deux types de Reblochon grâce à la couleur de leur pastille de caséine : pastille verte pour le fermier (fabriqué à la ferme, avec le lait d’un seul troupeau) et pastille rouge pour le fromage de fromagerie (lait collecté auprès de plusieurs exploitations). Les grands formats pèsent entre 450 et 500 g, les petits entre 240 et 280 g.

Les ingrédients essentiels pour 4 personnes

Pour réussir une tartiflette authentique, le choix des ingrédients compte autant que la technique. Voici les quantités de référence pour 4 convives :

Ingrédient Quantité
Pommes de terre (Roseval, Belle de Fontenay ou Princesse Amandine) 750 g
Reblochon de Savoie 500 g (1 grand modèle)
Lardons de poitrine fumée 150 g
Vin blanc sec (Apremont, Chignin, Roussette…) 100 mL
Oignon émincé, crème fraîche, beurre doux Selon goût

La crème fraîche reste facultative. Une vraie tartiflette savoyarde n’en réclame pas forcément. C’est une question de goût, mais le plat ne doit en aucun cas « baigner » dans la crème.

Comment préparer et cuire une tartiflette maison

Les étapes clés de la préparation

La préparation dure environ 40 minutes, et la cuisson au four entre 25 et 30 minutes. En tout, comptez au minimum 2 heures pour une tartiflette bien faite, confection du confit d’oignons incluse. On commence par blanchir les pommes de terre épluchées et coupées en cubes d’1,5 cm dans une eau légèrement salée, pendant environ 15 minutes. On les égoutte quand elles sont à peine cuites, puis on les sèche soigneusement.

Dans une grande poêle, on fait revenir les lardons à sec. On ajoute le beurre et l’oignon avec une pincée de sel, on laisse caraméliser. Le vin blanc entre ensuite — 100 mL suffisent pour 4 personnes — puis on réduit à feu vif avant d’incorporer la crème. Les pommes de terre, quant à elles, se font rissoler séparément dans une poêle huilée jusqu’à être bien dorées et croustillantes.

Tout se réunit dans un plat à gratin : pommes de terre, appareil oignons-lardons, puis le Reblochon disposé en tranches, croûte vers le haut. On enfourne à 200°C en four traditionnel (ou 180°C en four ventilé, thermostat 6) pendant 15 à 20 minutes. En fin de cuisson, un passage sous le gril permet d’obtenir une belle coloration dorée.

Accompagnements et vins conseillés

Une salade verte suffit amplement à accompagner ce plat riche. Certains ajoutent des pickles d’oignon grelot pour trancher avec la rondeur du gratin — une idée que je trouve excellente, à tester absolument. Pour le vin, restez cohérent avec l’origine géographique du plat : un blanc de Savoie s’impose, qu’il s’agisse d’un Apremont, d’un Chignin, d’un Crépy, d’un Ripaille ou d’un Marignan.

Le Syndicat du Reblochon préconise deux verres de vin blanc pour 8 convives — une modération tout à fait savoyarde. Si vous optez pour du rouge, évitez les vins trop puissants. Un vin de Savoie au cépage mondeuse ou un Beaujolais feront très bien l’affaire. La bière blonde ou ambrée constitue également une alternative intéressante.

Le dimanche matin, certains hôtels de montagne proposent des brunchs où la tartiflette fait une apparition remarquée. Si cette idée vous tente, notre guide des brunchs montagne en hôtel le dimanche recense les meilleures adresses pour commencer la journée avec style.

Variantes, conservation et précautions

La tartiflette se décline en nombreuses versions : morbiflette au Morbier du Jura, munstiflette au Munster, ou encore ch’tiflette nordiste au Maroilles et à la bière blonde. Pour une version végétarienne, on remplace les lardons par du tofu fumé ou un concassé de tomates séchées. Les pommes de terre peuvent céder leur place à des crozets savoyards (croziflette) ou même à des patates douces.

Côté conservation, il vaut mieux éviter de préparer la tartiflette trop à l’avance : les ingrédients deviennent pâteux et la préparation perd en tenue. On peut d’un autre côté la cuire la veille et la réchauffer au four à 100°C pendant 15 à 20 minutes. La congélation est déconseillée : les pommes de terre farinent et le fromage devient caoutchouteux.

Dernière précision notable : le Reblochon étant un fromage au lait cru, la tartiflette est déconseillée aux femmes enceintes. Des alternatives existent avec du fromage pasteurisé, à condition de bien cuire les lardons et d’éviter la crème fraîche crue. Pour 100 g, ce plat généreux apporte en moyenne 145 calories — un chiffre à garder en tête, surtout après une journée sur les pistes.


Sources —

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