L’article en bref
Découverts en 1841 en Savoie, les Thermes de Challes-les-Eaux possèdent l’eau la plus sulfurée d’Europe et connaissent une nouvelle vie après leur rachat en 2025.
- Une source exceptionnelle : découverte le 11 avril 1841 par le Dr Domenget, l’eau contient 260 mg/L de soufre, certifiée par l’Académie de médecine dès 1843.
- Un établissement prestigieux : fondé en 1874, il a accueilli des vedettes du cinéma français entre 1930 et 1950 (Jouvet, Morgan, Feuillère).
- Spécialités médicales : traitement des affections respiratoires et de la gynécologie via des cures de 18 jours remboursées.
- Fermeture et rachat : fermé en février 2023, le site a été racheté en juin 2025 par l’EPFL pour 4,95 millions d’euros, préservant son parc centenaire.
Le 11 avril 1841, le docteur Louis Domenget découvre une source d’eau sulfureuse dans sa propriété de Challes-les-Eaux, en Savoie. Cette découverte semble anodine au premier regard. Elle va pourtant donner naissance à l’un des établissements thermaux les plus singuliers de France, réputé pour posséder l’eau la plus sulfurée d’Europe avec une concentration de 260 mg/L de soufre, certifiée dès 1843 par l’Académie de médecine et le Congrès scientifique de France. Voilà ce que sont les Thermes de Challes-les-Eaux : une histoire d’eau, de soin et de passion pour le bien-être, nichée au pied des Alpes, à 290 mètres d’altitude.
Les Thermes de Challes-les-Eaux : ce que vous devez savoir sur cet établissement hors du commun
Une origine marquée par la science et le hasard
La fondation de l’établissement thermal remonte à 1874, soit plus de trente ans après la découverte de la source par le Dr Domenget. Ce délai n’a rien d’étonnant : il a fallu convaincre, confirmer, expérimenter. L’analyse de 1843, menée conjointement par l’Académie de médecine et le Congrès scientifique de France, a posé les bases scientifiques qui ont rendu le projet crédible.
Depuis son ouverture, le bâtiment thermal n’a cessé d’évoluer. Un agrandissement majeur intervient en 1901, suivi de l’installation d’une verrière en 1928, puis de deux ailes latérales en 1938. Ces extensions témoignent d’une vitalité certaine et d’une fréquentation croissante. L’établissement s’inscrit dans un parc de cinq hectares d’arbres centenaires, face au parc naturel régional des Bauges et à quelques kilomètres du lac du Bourget. On accède facilement au site depuis la gare de Chambéry.
Une deuxième source, appelée Source Centsept, découverte en 1992, vient compléter le dispositif. Elle aussi très soufrée, elle participe aux cures thermales proposées aux patients. La source principale produit aujourd’hui 500 litres d’eau soufrée par jour, contre 250 à 750 litres relevés en 1875. Je dois avouer que ces chiffres m’ont frappé la première fois que j’ai étudié ce site : peu d’établissements thermaux peuvent se prévaloir d’une telle constance sur près de 150 ans.
L’âge d’or : quand les stars venaient prendre les eaux
Entre les années 1930 et 1950, les Thermes de Challes-les-Eaux vivent leur période la plus glorieuse. Des personnalités comme Louis Jouvet, Edwige Feuillère, Michèle Morgan et Annie Cordy fréquentent l’établissement à plusieurs reprises. Cette clientèle prestigieuse témoigne du rayonnement national de la station à cette époque.
C’est une image qui parle d’elle-même : des acteurs et artistes au sommet de leur gloire qui choisissent Challes-les-Eaux pour soigner leur voix, leur gorge ou leur équilibre général. Cette fidélité n’est pas un hasard. L’eau soufrée, élue Reine du Soufre depuis 1874, a une réputation bien méritée pour traiter les affections des voies respiratoires.
Les soins thermaux et indications médicales
L’établissement traitait deux grandes catégories d’affections. D’un côté, les pathologies des voies respiratoires : pharyngites, amygdalites, rhinopharyngites, rhinites, rhinosinusites, otites, dysfonctionnements tubaires, laryngites, bronchites avec ou sans dilatation des bronches. De l’autre, la gynécologie : douleurs pelviennes, troubles hormonaux, dysménorrhées, dyspareunies, suites d’accouchement, ménopause, endométriose.
Les cures conventionnées duraient 18 jours consécutifs, partiellement remboursées par la Sécurité sociale. Pour profiter pleinement des thermes en montagne, ce format de cure longue reste le plus utile médicalement. Côté bien-être, les prestations comprenaient :
- Hammam et espace repos
- Balnéothérapie, modelages et massages supervisés par un kinésithérapeute
- Réflexologie plantaire
- Soins du visage et rituels relaxants
- Programmes minceur et enveloppements
- Massages douceur pour les tout-petits et mini-cures pour jeunes ou futures mamans
Je me souviens d’avoir rencontré lors d’un séjour en Savoie une kinésithérapeute ayant travaillé dans cet établissement. Elle m’avait confié que la qualité de l’eau rendait certains soins vraiment incomparables, notamment pour les patients souffrant de bronchites chroniques. Un témoignage qui reste gravé.
Fermeture, rachat et avenir d’un site patrimonial savoyard
Une fermeture brutale qui a choqué la commune
En février 2023, l’établissement ferme définitivement ses portes. La décision, prise unilatéralement par la Chaîne thermale du soleil face à une baisse de clientèle, plonge Challes-les-Eaux dans l’incertitude. Deux années de tensions et de négociations s’ouvrent alors entre la commune, l’exploitant et les collectivités locales.
La Chaîne thermale du soleil réclamait initialement 15 millions d’euros pour le site : 11 millions pour le parc, 4 millions pour le bâtiment. Elle lance même un recours gracieux, puis contentieux, contre l’agglomération. Le bras de fer dure deux ans.
Le rôle décisif d’Emilie Bonnivard
C’est l’intervention d’Emilie Bonnivard, députée de la 3e circonscription de Savoie, qui débloque la situation. Elle sollicite la Fédération française du thermalisme, dépose un amendement en loi de finances et organise en juin 2025 une rencontre entre toutes les parties à l’Assemblée nationale. Le résultat est concret : l’Établissement public foncier local de la Savoie (EPFL) finalise le rachat du site pour 4,95 millions d’euros, soit bien loin des prétentions initiales.
La maire Josette Rémy l’a confirmé : le site doit rester dans les domaines de la santé, de l’enseignement et du tourisme, conformément aux documents d’urbanisme. Le parc, ses arbres centenaires, ses squares et cheminements seront préservés.
Quelles nouvelles vocations pour le site ?
Plusieurs pistes sont à l’étude : équipements sanitaires, espaces d’enseignement, activités touristiques, hébergements intégrés dans un cadre paysager préservé. Rien n’est encore acté, mais l’essentiel est là : le site échappe à la transformation en programme immobilier résidentiel.
Pour ceux qui souhaitent marier bien-être thermal et hébergement de qualité en Savoie, les hôtels spa en Savoie offrent des alternatives sérieuses en attendant une éventuelle réouverture du site.
Le devenir des Thermes de Challes-les-Eaux ouvre aussi une question plus large : comment valoriser durablement le patrimoine thermal savoyard dans son ensemble ? Si cette question vous intéresse, la sélection de refuges confortables en Savoie montre à quel point la région sait réinventer ses hébergements de montagne avec créativité. Challes-les-Eaux pourrait bien s’en inspirer.
| Date | Événement |
|---|---|
| 11 avril 1841 | Découverte de la source par le Dr Louis Domenget |
| 1843 | Analyse de l’eau par l’Académie de médecine |
| 1874 | Fondation de l’établissement thermal |
| 1901 | Agrandissement du bâtiment |
| 1928 | Ajout d’une verrière |
| 1938 | Ajout de deux ailes latérales |
| 1992 | Découverte de la Source Centsept |
| Février 2023 | Fermeture définitive |
| Juin 2025 | Rachat par l’EPFL pour 4,95 millions d’euros |
Sources : wiki savoie | wiki des hôtels et batiments
