Col du Mont Cenis : définition et caractéristiques

Par Xavier

L’article en bref

Le col du Mont Cenis est un passage mythique des Alpes reliant la France à l’Italie à 2 081 mètres.

  • Carrefour historique : Charlemagne et Henri IV y ont transité ; route du Sel au Moyen Âge reliant France et Italie
  • Deux versants contrastés : versant nord accessible (9,9 km à 7%), versant sud challengeant (30,5 km à 6%)
  • Biodiversité exceptionnelle : 12 espèces protégées, dont la Saponaire jaune unique en France
  • Plateau à 2 000 m : lac turquoise, base nautique la plus haute d’Europe, activités VTT et randonnées
  • Ouverture saisonnière : accessible du 1er mai au 31 octobre ; piste de ski l’Escargot en hiver

Je me souviens encore de ma première montée vers ce col mythique : la route qui serpente entre les alpages, le lac qui surgit soudainement dans le champ de vision, et ce sentiment d’être entre deux mondes. Le col du Mont Cenis n’est pas juste un passage de montagne. C’est un carrefour de civilisations, perché à 2 081 mètres d’altitude, qui relie la Vallée de la Maurienne en France au Val de Suse en Italie. Classé 12e parmi les plus hauts cols routiers des Alpes françaises, il mérite bien qu’on prenne le temps de le découvrir vraiment.

Un col alpin entre France et Italie : géographie et définition

Situé dans le département de la Savoie, le massif du Mont-Cenis s’étend à cheval entre la France et l’Italie, plus précisément entre la ville métropolitaine de Turin côté transalpin. Ce détail géographique est souvent mal connu : le col à 2 081 m ne marque pas la frontière franco-italienne. Celle-ci se trouve 13 km plus loin dans le versant italien, à 1 720 mètres d’altitude. Depuis le traité de Paris de 1947, la plus grande partie du massif appartient à la Savoie, alors que le plateau était encore italien jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le plateau lui-même s’étend à 2 000 mètres d’altitude moyenne. Il est dominé par des sommets imposants : la Pointe de Ronce culmine à 3 612 m, suivie de l’Aiguille de Scolette à 3 506 m et de la Pointe du Lamet à 3 504 m. Le massif est entouré de la Vanoise au nord, des Alpes grées à l’est et des Alpes cottiennes au sud. Géologiquement, il repose sur le socle cristallin d’Ambin, avec une prédominance de micaschiste et de quartzite. C’est ce qui lui confère ce caractère minéral si particulier, que j’adore observer depuis la terrasse d’une auberge de montagne.

Le nom même du col est parlant. Le toponyme Mont Cenis désignerait le mont des cendres, du latin Cinicius, en référence à un incendie de forêt dont les cendres auraient tapissé le sol. La première mention écrite remonte à 739, sous la forme Alpes in Cisinio, puis Monte Ciniso en 756. Ce n’est qu’en 1275 qu’apparaît la forme Mont Cinis, précurseur du nom actuel.

Les versants du col : deux profils très différents

Depuis Lanslebourg-Mont-Cenis (1 399 m), le versant nord propose une ascension courte de 9,9 km à 7 % de moyenne, avec un passage le plus difficile à 8,5 % sur 1,3 km, répartie sur 6 lacets. C’est l’itinéraire que je conseille souvent aux visiteurs moins habitués à l’effort en altitude : accessible, bien balisé, avec des points d’eau potable à Lanslebourg.

Le versant sud, depuis Susa (500 m), est une tout autre affaire. L’ascension couvre 30,5 km pour 1 638 m de dénivelé à 6 % de moyenne, avec des passages à 10,5 %. Via Novalesa, le parcours atteint 38 km pour 1 774 m de dénivelé, incluant 17 lacets sur 4,7 km avec une pente entre 9,5 et 10,5 %. C’est un défi sérieux, même pour un cycliste confirmé.

Ouverture et accès selon les saisons

La route est praticable du 1er mai au 31 octobre, hors période d’enneigement. En 2026, elle a ouvert le vendredi 22 mai et la fermeture est prévue le lundi 9 novembre. En hiver, la chaussée devient en grande partie une piste de ski : l’Escargot, avec ses 11 km, est la plus longue piste verte d’Europe. Les informations officielles en temps réel sont disponibles sur savoie-route.fr.

Un patrimoine historique et naturel exceptionnel

Ce col n’a pas attendu les cyclistes modernes pour faire parler de lui. En 773, Charlemagne franchit les Alpes par le Mont Cenis lors de sa conquête italienne, marchant sur les traces de son père Pépin le Bref. Cette épopée a inspiré le peintre Paul Delaroche, dont l’œuvre est exposée au château de Versailles. Plus tard, en janvier 1077, Henri IV traversa le col en plein hiver pour résoudre l’affaire connue sous le nom de la pénitence de Canossa. Le 12 juin 1812, le docteur Balthazard Claraz sauva la vie du pape Pie VII à l’hospice du Mont Cenis, lors de son transfert de Savone à Fontainebleau.

Le premier hospice, créé à partir de 825 sous l’autorité de l’empereur Lothaire, accueillait pèlerins et marchands. Au Bas Moyen Âge, la route du Sel faisait transiter fromages, dont le beaufort réputé depuis l’époque romaine, et sel extrait des mines de Salins en Tarentaise, contre étoffes et épices d’Italie. En 1860, l’annexion de la Savoie par la France redessine les frontières. Le plateau devient italien en 1862. Entre 1877 et 1908, un vaste complexe défensif, le Campo trincerato del Moncenisio, est érigé côté transalpin, avec le fort Variselle comme pièce maîtresse.

Un lac artificiel au cœur du plateau

Le lac du Mont-Cenis est une retenue construite entre 1962 et 1968, alimentant les centrales hydroélectriques de Villarodin-Bourget. Ses eaux turquoise sont visibles depuis la route dès 1 720 m. On peut en faire le tour à pied en 5 heures. La base nautique, à 2 000 m d’altitude, est la plus haute d’Europe, avec canoë, pédalo et pêche disponibles.

Une biodiversité remarquable à préserver

Le plateau abrite une douzaine d’espèces protégées par la loi française, dont la Saponaire jaune (Saponaria lutea), présente uniquement ici en France. La Laîche des glaciers, découverte en 2004, suscite un vif intérêt scientifique. Le site est classé ZNIEFF depuis 1991 et intégré à l’aire d’adhésion du parc national de la Vanoise. Bouquetin des Alpes, Aigle royal, Gypaète barbu et Loup y trouvent refuge. Notons tristement que le glacier d’Étache a totalement fondu en 2024.

Examiner le col : activités et découvertes sur le plateau

Pour un passionné comme moi qui s’intéresse aux hébergements montagnards, la question de la logistique autour du col est centrale. Le plateau offre plusieurs types d’activités, réparties ainsi :

  1. Randonnées pédestres, dont le GR5 de la Haute-Maurienne et le tour du lac (5 heures)
  2. VTT et gravel sur les anciennes pistes militaires
  3. Activités nautiques à la base nautique du Mont Cenis
  4. Visite du jardin alpin et du musée à la pyramide du Mont-Cenis
  5. Compétitions comme l’EDF Cenis Tour et la Grande Odyssée Savoie-Mont-Blanc

Cette dernière compétition, réputée comme la plus difficile au monde par sa topographie, réunit chaque année 20 des meilleurs mushers internationaux sur ce plateau mythique. Côté hébergement et étapes, dix refuges entourent le massif, dont le Refuge d’Ambin, le Refuge Scarfiotti côté italien, ou encore le Refuge Gran Scala côté français.

Versant Distance Dénivelé Pente moyenne
Nord (Lanslebourg) 9,9 km ~680 m 7 %
Sud (Susa) 30,5 km 1 638 m 6 %
Sud via Novalesa 38 km 1 774 m Variable jusqu’à 10,5 %

Le col du Compact Mont Cenis, à 2 183 m, est accessible en aller-retour depuis le col principal sur 7,7 km à 3 % de moyenne. C’est une belle extension pour ceux qui souhaitent prolonger leur séjour en altitude sans effort excessif. Un point de réparation vélo est disponible à Lanslevillard, et des points de restauration existent à Lanslebourg et au Mont-Cenis même. L’accès est libre, et les animaux ne sont pas acceptés sur le site.

Sources : wiki savoie, wiki des hôtels et batiments

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