L’article en bref
Le col du Galibier, sommet légendaire des Alpes françaises, est le quatrième plus haut col routier alpin à 2 642 mètres. Voici ses caractéristiques essentielles :
- Localisation stratégique : frontière naturelle entre la Savoie et les Hautes-Alpes, reliant les Alpes du Nord aux Alpes du Sud
- Ascensions variées : depuis Valloire (18,1 km à 6,8%), Saint-Michel-de-Maurienne (35,1 km) ou Briançon (36,35 km à 3,95%)
- Légende du Tour de France : franchi 65 fois, col hors catégorie depuis 1979 et mythique depuis 1911
- Géologie remarquable : calcaires triasiques et terrains gypseux aux dépressions karstiques spectaculaires
- Panorama d’exception : vues sur les glaciers de la Barre des Écrins, la Meije et le mont Blanc depuis la table d’orientation
Le 10 juillet 1911, Émile Georget franchissait le col du Galibier sous la neige, seul parmi tous les coureurs du Tour de France à ne pas mettre pied à terre. Il lançait aux témoins médusés : « Ça vous en bouche un coin », qualifiant d’ailleurs les organisateurs de « bandits ». Depuis, ce col est devenu une référence absolue dans l’univers du cyclisme et de l’alpinisme. Je dois vous dire qu’en travaillant pour un blog hôtelier spécialisé dans les Alpes, j’ai rencontré des dizaines de voyageurs qui planifiaient leur séjour autour de ce seul objectif : toucher le sommet du Galibier.
Qu’est-ce que le col du Galibier : altitude, localisation et définition
Un col alpin d’exception entre deux régions
Le col du Galibier est un col routier des Alpes françaises culminant à 2 642 mètres d’altitude. Il marque la frontière naturelle entre la Savoie au nord et les Hautes-Alpes au sud. Deux régions administratives se partagent donc ce sommet : Auvergne-Rhône-Alpes côté Valloire, et Provence-Alpes-Côte d’Azur côté Monêtier-les-Bains.
Il relie Saint-Michel-de-Maurienne, via le col du Télégraphe, à Briançon et La Grave via le col du Lautaret. C’est donc un franc trait d’union entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud. Géographiquement, il s’insère entre le massif des Arves à l’ouest et le massif des Cerces à l’est, encadré par le Grand Galibier (3 228 mètres) et le pic des Trois Évêchés (3 116 mètres).
Sa première mention écrite remonte à 1183, dans le Regeste dauphinois, sous la forme in collo Galaubiae. Le toponyme évolue ensuite : Gallebier en 1638, Galubier en 1741, pour finalement devenir Galibier en 1754. L’origine semble dériver d’un nom d’homme germanique.
Sa place dans la hiérarchie des cols alpins
Le Galibier est le quatrième plus haut col routier des Alpes françaises. Pour situer précisément sa hauteur, voici les cols qui le dépassent :
- Col de l’Iseran : 2 764 mètres
- Col Agnel : 2 744 mètres
- Col de la Bonette : 2 715 mètres
- Col du Galibier : 2 642 mètres
Un détail peu connu mérite attention : le vrai col topographique ne correspond pas au col routier. Il se situe environ 400 mètres à l’ouest du col routier, à seulement 2 593 mètres d’altitude, soit 49 mètres plus bas. La voirie indique d’ailleurs 2 645 mètres sur les panneaux, légèrement au-dessus de la réalité mesurée.
Histoire de la route et du tunnel
La route du Galibier débute sa construction en 1880 et s’achève avec le percement du tunnel sommital en 1891. En 1884, la route franchit pour la première fois le col géographique à 2 658 mètres. Le tunnel original mesurait 366,5 mètres de long pour seulement 4 mètres de large, avant d’être fermé en 1975 pour raisons de sécurité (des pierres de voûte se descellaient).
Le 12 mai 1976, Bernard Jalbaud, adjoint au chef de la subdivision de Briançon, piquette un nouveau tracé avec Jean-Louis Eymard. Les travaux sont confiés à l’entreprise Louis Guérin de Montdauphin pour le terrassement, et à la Société routière du Midi pour le revêtement. La nouvelle route est inaugurée en septembre 1976 par Émile Didier, président du Conseil général des Hautes-Alpes, et le maire de Valloire Jean-Baptiste Magnin. Depuis 2002, un tunnel rénové de 370 mètres est rouvert aux automobilistes, mais reste interdit aux cyclistes.
Le Galibier à vélo : ascension, versants et caractéristiques techniques
Gravir le col depuis Valloire ou Saint-Michel-de-Maurienne
Le versant nord reste le plus mythique. Depuis Valloire (1 403 mètres), l’ascension représente 18,1 kilomètres à 6,8 % de pente moyenne. La sortie du village dépasse les 8 %, puis un replat bienvenu s’installe jusqu’à Pratier (1 594 mètres). Après Plan Lachat (1 986 mètres), le ton change radicalement : 7,85 kilomètres à 8,35 % de moyenne avec des passages proches de 10 %.
Le dernier kilomètre avant le sommet atteint 9,5 % de moyenne, avec les cyclistes qui bifurquent à gauche depuis l’intersection à 2 540 mètres, tandis que les voitures empruntent le tunnel. Depuis Saint-Michel-de-Maurienne (715 mètres), en intégrant le col du Télégraphe (12,1 kilomètres à 7 %), le total monte à 35,1 kilomètres à 5,5 % de moyenne effective.
Les hôtels de Valloire accueillent chaque été des cyclistes du monde entier qui préparent leur ascension. J’ai personnellement conseillé plusieurs clients sur les hébergements de la station, notamment pour skier en Savoie dans les meilleures stations, Valloire faisant partie de celles qui méritent vraiment le détour, été comme hiver.
Les versants sud et les options depuis Briançon
Depuis le col du Lautaret (2 057 mètres), il reste 8,65 kilomètres à 6,75 %, avec un final à 11 % sur les 900 derniers mètres. Depuis Briançon, l’ascension totalise 36,35 kilomètres à 3,95 % de pente moyenne, depuis le croisement entre les routes D2 et N94.
| Point de départ | Distance | Pente moyenne | Temps estimé |
|---|---|---|---|
| Valloire | 18,1 km | 6,8 % | 1h15 à 2h30 |
| Saint-Michel-de-Maurienne | 35,1 km | 5,5 % | 2h30 à 4h |
| Col du Lautaret | 8,65 km | 6,75 % | 45 min à 1h30 |
| Briançon | 36,35 km | 3,95 % | 2h à 3h30 |
Le Galibier et le Tour de France : une histoire centenaire
Le col est franchi 65 fois au total par le Tour de France, dont 38 depuis 1947. C’est le col alpin le plus souvent emprunté par l’épreuve, même si le Tourmalet le domine avec 85 passages. Henri Desgrange, instigateur du Tour en 1903, écrivit dans L’Auto après la première ascension : « Oh ! Tourmalet ! devant ce géant, il n’y a plus qu’à tirer son bonnet et à saluer bien bas ! ». Le monument érigé en son honneur en 1949, par l’architecte Alexandre Audouze-Tabourin, se dresse encore sur le versant sud. Le col est classé hors catégorie depuis 1979.
Panorama, géologie et conseils pratiques pour votre visite
Un sommet géologique captivant
La géologie du Galibier mérite qu’on s’y attarde. Les crêtes du Grand Galibier et du Roc Termier sont constituées de calcaires dolomitiques et de quartzites triasiques (200-250 millions d’années). Ces nappes de charriage briançonnaises se sont déplacées de 20 à 30 kilomètres à raison d’un centimètre par an lors du plissement alpin, il y a environ 30 millions d’années. Une curiosité : des terrains gypseux affleurent près du tunnel, notamment aux Gypsières à 2 300 mètres, criblées de dépressions karstiques spectaculaires.
Ce que l’on voit depuis la table d’orientation
La table d’orientation, érigée par le parc national des Écrins en 1988, offre un panorama exclusif depuis le sommet. On distingue les glaciers de la Barre des Écrins et de la Meije au sud, le mont Blanc au nord, les aiguilles d’Arves au nord-ouest et le pic de Rochebrune dans le massif du Queyras au sud-est. Pour ceux qui souhaitent étudier davantage ces territoires alpins protégés, le parc national de la Vanoise constitue un complément naturel à ce type d’excursion.
Planifier sa visite : ouverture et conditions
Le col ouvre habituellement fin mai ou début juin, après déneigement par des engins équipés de fraises à neige. Il ferme en octobre selon les conditions. En 1996, le passage du Tour de France y a même été neutralisé à cause de la neige. Je conseille toujours à mes clients hôteliers de vérifier les conditions avant de planifier leur ascension : la météo en haute montagne change vite, les températures chutent rapidement au-delà de 2 500 mètres, et certains étés gardent de la neige jusqu’en juillet sur les derniers lacets.
Le Galibier n’est pas un col comme les autres. C’est une expérience complète, mêlant effort physique, beauté brute du paysage alpin et charge historique rare. Que vous soyez cycliste confirmé ou basique randonneur motorisé, prévoyez du temps au sommet : les minutes passées là-haut valent bien l’effort consenti pour y arriver.
Sources externes consultées :
wiki savoie
wiki des hôtels et batiments
